Site icon Sébastien Bailly

L’entre-projets

Sur dix projets, un seul se réalise. C’est une statistique non-scientifique, mais le ressenti forgé au fil des années. C’est peut-être un peu plus, mais pas moins. Dix projets de livres pour un livre écrit. Combien, donc aux oubliettes ? Et même des projets bien avancés, ceux pour lesquels, fort d’une assurance orale, la documentation a été, pour tout ou partie, rassemblée. De longues heures de travail perdue ? Non, jamais totalement. Mon prochain livre, ce sont des heures passées sans savoir si cela se concrêtiserait. Et puis si, finalement : le bouquin sortira en janvier 2006. Il faudrait, d’ailleurs, que j’organise un grand mouvement de bouche à oreilles à ce propos dans la blogosphère. Je ne suis pas très sûr d’y arriver… Si vous avez des idées, je suis preneur. Mais difficile avant que j’ai rien dit du contenu du bouquin en question, hein ? L’envoyer en primeur à des blogueurs influents pour qu’ils en touchent deux mots dans une note ? Comme ce serait original… Mais peut-être efficace. Les méthodes les plus simples sont parfois les meilleures. J’ai deux ou trois mois devant moi pour y réfléchir.
Et ensuite ? Je n’ai plus de manuscrit sous le coude. Pas de commande d’éditeur en cours. Le vide sidéral… Mais il me reste des projets. Deux, pour être exact. Un roman, comme un quart de la population française. Pas de quoi fouetter un chat. Et un livre amusant, au stade de la conception. Juste une idée, donc, avec quelques pages de notes et un peu de documentation réunie. Un machin qui pourrait être sympathique à écrire, et sans doute à lire.
Je pourrais avancer, ce n’est qu’une question de temps que je pourrais, avec un peu de volonté, mettre à la disposition de cette activité là. Et je m’interroge. Quelle place accorder à un livre en cours, juste à son commencement, sur un blog ? Je me heurte à différents obstacles, qui n’en sont pas forcément.
D’abord, comme l’idée me semble bonne, je n’ai pas envie de me la faire voler. En parler ici serait prendre ce risque là. Ce n’est sans doute qu’une vue de l’esprit : qui serait assez fou pour voler une idée rendue publique sur le Web ? Un coup à se faire descendre en flèche par le bouche à oreilles bloguesque : risque qu’on serait bien fou de prendre de nos jours.
Ensuite, l’idée est certes bonne (c’est mon postulat de départ, je peux me tromper, mais sans cette assurance, aucune chance d’aller de l’avant). L’idée est bonne donc, mais elle a, selon mon expérience, neuf chances sur dix de n’aboutir à rien. Suis-je prêt à prendre le risque de rendre public cet échec là ?
Je vois, par contre un ou deux avantages à rendre le projet public, et à en décrire l’avancement sur un blog. D’abord, être poussé par les lecteurs du blog à aller de l’avant (ou à tout arrêter pour cause de nullité, ce qu’il vaut mieux, après tout, savoir avant d’aller trop loin).
Ensuite, faire progresser le projet dans le terreau du blog, m’enrichir des commentaires, des remarques, bref, faire mieux avec des lecteurs que seul devant l’écran. Je ne doute pas, après presque un an d’écriture bloguesque que les commentaires des uns ou des autres puissent être enrichissant.
La solution passerait peut-être par une commande préalable d’un éditeur : avec une date de rendu, je suis toujours plus efficace que lorsque j’avance sans contrainte de temps. Le manuscrit à rendre pour une date donnée m’impose un rythme sans lequel j’ai tendance au surplace (cela explique, en partie, pourquoi le roman n’avance pas comme il devrait). Pour le livre que j’envisage, une commande ne serait pas absurde. Je sais comment m’y prendre, le synopsys, les quelques pages rédigée, mon CV, ma bibliographie envoyés chez quelques éditeurs, et je devrais trouver preneur. C’est comme cela que les choses ont souvent marchées.
Pourquoi j’écris tout cela ici ? Pour poser mes interrogations à un moment donné. Avancer dans la rélfexion. Faut que je me bouscule un peu, et que je ne me laisse pas trop prendre dans les filets du boulot quotidien. Et qui sait, quelques commentaires bien sentis m’apporteront peut-être des débuts de réponse.
Si un éditeur passait par là, aussi, et qu’il soit intéressé par un livre dont, sans trop en dire, je peux déjà annoncer qu’il serait drôle, et parlerait d’écriture de manière complètement décalé, si cet éditeur avait envie d’en savoir un peu plus, et de rentrer un contact avec moi, cela serait un premier pas vers une concrêtisation du projet.

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